Et la réponse est ..... Barcelone + Shakira !

Publié le par Vincent Gollain

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Fin du suspens suite à la question posée hier. Il s'agit de Shakira et Barcelone.

  

Shakira a tourné l’été dernier un des clips de son dernier album à Barcelone. Ce n’est pas le premier qui y est tourné, et finalement, de nombreux clips sont tournés dans des décors urbains. Mais très peu donnent ainsi l’impression d’avoir été pensé comme des spots de pub pour une ville.

 

  

Certes, beaucoup de clips et de chansons ont mis en scène le lien d’un artiste avec sa ville, en particulier des villes très évocatrices comme New-York (Franck Sinatra) ou Paris (Josephine Baker, Alain Souchon). Plus récemment les Red Hot Chili Peppers (Under The Bridge) avec Los Angeles, ou Jay-Z et Alicia Keys avec Empire State of Mind à la gloire de New-York. Dans tous les cas, il s’agit d’une œuvre que l’artiste dédie à SA ville, dans le texte comme dans l’image.

 

Ce qui change avec le cas Barcelone – Shakira, c’est que la chanteuse n’est pas barcelonaise (qu’on dise qu’une aventure avec un joueur du Barça l’a poussée à s’installer en banlieue de Barcelone, ne fait pas d’elle une figure de la chanson catalane), et que la chanson en elle-même n’est en rien dédiée à la ville. Nous sommes plus proches du schéma cinématographique ou l’action doit se situer dans un décor urbain évoquant plutôt l’été, proche de la mer, invitant à la fête. Autant dire que n’importe quelle ville méditerranéenne, caribéennes ou sud-asiatique aurait pu faire l’affaire.

On a l’impression d’une réalisation du clip en partenariat avec la ville, pour mettre en avant la skyline, les nouveautés architecturales (le W, une usines réaménagées…), le patrimoine moderniste… ainsi que l’ambiance décontractée propre à Barcelone. La ville a d’ailleurs ensuite optimisé son plan de communication en faisant savoir par voie de presse que toute star internationale qu’elle était, Shakira écopait de 2 amendes : une pour être montée à moto sans casque, et une autre pour s’être baignée dans une fontaine… Avis aux derniers qui n’avaient pas reconnu Barcelone dans le clip !

 

Pourquoi penser que Barcelone, ville innovante sur le terrain du marketing territorial, s’intéresse à ce biais de communication qui consiste à inviter des stars internationales à venir y tourner leurs vidéoclips ?

 

Parce que le clip, comme le film, est un élément de communication « soft », « below the line ». On ne matraque pas « Barcelone est cool », on en diffuse l’idée et la preuve avec l’aval d’une personnalité hyper-influente. Pas besoin de dire « des plages en pleine ville, des merveilles architecturales », puisque le téléspectateur ou l’internaute le voit clairement.

Second point, à la différence du long métrage qui nécessite plusieurs jours de tournage avec les ennuis associés, le clip dure quelques minutes et se boucle en un, deux ou trois jours. Ça passe mieux auprès des riverains.

 

Enfin, le clip est l’un des supports les plus viraux sur le web, taillé pour être partagé, reproduit, échangé…  ce que J-C. de Castelbajac a tenté d’exprimer de manière plus ou moins audible lors des victoires de la musique mardi dernier.

 

De nombreuses villes apparaissent dans des clips, mais combien organisent ces apparitions et intègrent cet outil dans leur arsenal de communication ? Combien ont une stratégie associée au tournage de clips afin de repérer les artistes cherchant un endroit, de faciliter l’obtention des autorisations de tournage, d’apporter un soutien logistique, voire même un soutien financier en échange d’un regard sur les sites à mettre en valeur ?

Voilà tout un nouveau boulevard de communication soft pour les territoires : d’abord d’analyse (quels sont les clips mettant en scène mon territoire et quelle image donnent-ils ?) et ensuite d’action (quel artiste et quelle chanson mis en scène sur mon territoire communiquerait l’image voulue ?).

 

Rédacteur : Fabien Pecot 

  

 

Commentaire :



Avec cette exemple, on retrouve la technique du placement employée dans l'industrie cinématographique, les séries télévisée ou l'industrie musicale. Les commissions locales du film (exemple) vont-elles également intervenir dans ce domaine ?

 

 

Publié dans Innovations

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fabien 17/03/2011 18:24


comme j'écris dans le billet, je penche plutôt pour la 2e solution.


Arnaud 16/03/2011 17:30


Je suis étonné par cet article, car j'ai cru comprendre que Barcelone avait porté plainte contre Shakira car elle s'était baignée dans une fontaine sans autorisation... Ne serait-ce pas plutôt un
cas de marketing territorial subit ? A moins que la dite plainte ne serve au marketing viral du clip.