Daphné kakaiya, spécialiste des liens entre réseaux sociaux et développement des territoires, a accepté de répondre aux questions du site marketing territorial.
Vous avez certainement entendu le buzz sur la nécessité pour un territoire d’être présent sur Twitter pour exister. Vous pouvez être convaincu, mais pas toujours vos dirigeants et responsables.
Dans cette situation, la première étape indispensable au positionnement de votre ville / région sur Twitter est d’apporter la démonstration sur ce qu’est Twitter et
comment il permet aux territoires d’exister.
Comment faire ?
Démonstration. Les gens apprennent par la pratique, en particulier ceux qui n'ont jamais utilisés de tels usages de l’Internet. N'ayez pas peur de
leur créer un exemple de page Twitter. Faites-la interactive dans un environnement où les gens peuvent poser des questions. Montrez également un exemple existant tel que celui de @OnlyLyon. Vous
pouvez également leur montrer des applications pour Twitter comme TweetDeck. Celle-ci vous permet d'organiser vos recherches en plaçant les listes de recherche en colonnes et en organisant la
synchronisation avec un iPhone. On peut également montrer les avantages de Seesmic qui est idéal pour les comptes Twitter ayant de multiples contributeurs.
Statistiques. Il est également important de montrer les statistiques sur les taux de croissance du nombre d'utilisateurs de médias sociaux et surtout leur accroissement
exponentiel. Les décideurs peuvent ne pas être des spécialistes de Facebook et Twitter, mais ils peuvent comprendre ce que cela signifie d'avoir des millions d'utilisateurs pouvant interagir avec
le territoire ! @ Agence_adverbia suit 81 différentes "collectivités" en France ! La vôtre est-elle l'une d'eux?
L'étape suivante consiste à venir avec un plan de développement. Parmi celles proposées ci-après, il est préférable de choisir une stratégie pour votre page Twitter. Bien entendu, ces axes
peuvent être mélangés pour construire la stratégie répondant le mieux à vos besoins. Il ne faut pas hésiter à benchmarker les bonnes pratiques avant de construire sa propre stratégie.
Stratégies de Twitter
1. Un canal de communication direct entre votre territoire et vos clients potentiels : touristes, hommes d’affaires, voyageurs d'affaires, etc. Dans ce
cas, les utilisateurs peuvent accéder à des services tels que poser des questions, obtenir des informations, et d'apprendre à mieux vous connaître.
2. Un canal de communication destiné à renforcer votre image. Ici, la page Twitter servira à mettre en ligne des communiqués de presse, articles, et retweets.
3. Un centre d’informations éditant des nouvelles relatives à votre territoire : sports, événements locaux, élections, restaurants et boutiques. Des offres exclusives Twitter peuvent
également être proposées. Cependant, il est nécessaire d’éviter le spamming.
4. Un lieu de recherche. D'un point de vue marketing Twitter est un canal idéal pour la communication et la recherche. En utilisant une application comme Twendz, il est possible de mieux
appréhender les tendances du marché. Aussi, Twitter est un endroit idéal pour mener des enquêtes et demander des avis.
Maintenant que vous avez une stratégie, on peut commencer à communiquer !
Premier conseil. Il est nécessaire d’être authentique. Aujourd'hui, les Internautes sont habitués au discours promotionnel des territoires. Il est nécessaire d’éviter d'être trop
axé sur la promotion directe de son territoire pour privilégier un axe de communication plus personnel, en lien avec l’identité du territoire. Expliquez ce que vous êtes, pourquoi vous êtes
intéressant, et ce qu’il faut savoir de votre territoire. Soyez ouvert et communiquez l’«histoire» de votre territoire. Prenez part aux conversations sur votre territoire.
N'ayez pas peur d'être ouvert sur le monde et honnête avec vos interlocuteurs. Ce n’est pas toujours facile, mais les liens interpersonnels se
tisseront au fur et à mesure, vous permettant ainsi de créer de la confiance et de promouvoir honnêtement les atouts de votre territoire à vos interlocuteurs.
Liens utiles
25 applications pour Twitter facilitant le management de comptes avec plusieurs utilisateurs : http://mashable.com/2009/05/18/twitter-apps-manage-multiple-accounts/
http://twendz.waggeneredstrom.com/about-twendz.aspx
Sources :
Daphné Kakaiya
Web marketing and place branding
Twitter: www.twitter.com/brandingplaces
Traduction : www.marketing-territorial.org
Propos recueillis en mai 2010

1. Pouvez-vous nous décrire votre société et vos activités ?
Unruly Media est spécialisée en matière de distribution et du marketing au moyen des vidéos virales sur le web et notamment sur les réseaux sociaux. Bien que notre expertise porte principalement sur la vidéo virale, nous pouvons distribuer pratiquement tout type de contenus, depuis des jeux, jusqu'aux applications, par exemple pour iPhone.
2. Pourquoi avoir choisi de vous implanter en France et plus particulièrement à Paris ?
Unruly Media a démarré son activité en Angleterre en 2006. Après avoir acquis une belle expérience et véritablement donné son titre de noblesse à la communication virale, nous été sollicités à l'international et nous avons établi des relations dans de nombreux pays. La France est notre premier bureau en dehors du Royaume-Uni et ce n'est évidemment pas un hasard. La vidéo sur Internet est en train d'exploser en France, la blogosphère est exceptionnellement active, nous prévoyons que le marché français sera en 2010 très porteur pour la communication publicitaire virale. L'exemple d'une des campagnes pour lesquelles nous avons réalisé le seeding viral - les bébés roller d'Evian - entrée au Livre des records 2009 - est probablement annonciatrice de l'importance que revêt la communication avec le web social à l'initiative des marques.
3. Les campagnes de vidéos virales ciblées peuvent-elles s'appliquer à des stratégies marketing de territoires ? Quelles formes peuvent-elles prendre ?
Absolument ! Les campagnes en faveur d'un message pour un territoire sont particulièrement indiquées dans un univers où le ciblage est très important. Soit le message vise la communauté du territoire - dans ce cas les messages seront principalement proposés dans le périmètre du territoire; soit on vise la promotion du territoire - et le message s'adresse de manière nationale et/ou internationales - et dans ce cas il sera également proposé aux communautés extérieures.
Les formes peuvent être multiples - en fonction des résultats attendus : vidéo virale, billets et articles, création de contenu par les bloggers, opérations sur les réseaux sociaux, exposition sur Twitter... Selon l'objectif visé - Unruly propose une solution spécifique.
4. Avez-vous déjà menées des expériences dans ce sens ? Où peut-on les visionner ?
Nos études de cas se trouvent ici : http://fr.unrulymedia.com/etude-de-cas/
5. ces campagnes sont souvent financées par des grandes entreprises. Sont-elles accessibles à des collectivités territoriales qui ont des moyens plus limitées?
Excellente question ! La communication virale est tout à fait accessible puisque les campagnes peuvent démarrer à partir de budgets très modestes. Elles peuvent parfois avoir un impact également dans les médias traditionnels, c'est le 'second effet Unruly :D' - lorsque le buzz fait son effet sur Internet, c'est une excellente chose - et c'est garanti par Unruly. Parfois la communication Internet attire l'attention des médias traditionnels, c'est le bonus !
6. Enfin, quelles recommandations feriez-vous à des territoires souhaitant rédiger un cahier des charges pour passer de telles prestations ?
Une recommandation très simple - réfléchir aux effets escomptés. Le cahier des charges - Unruly peut s'en charger, en tous les cas être force de proposition, à partir du moment où
l'Annonceur exprime ses priorités : obtenir un couverture éditoriale sur un évènement, attirer du trafic sur son site, obtenir un nombre de visionnages d'une vidéo promotionnelle.
Propos recueillis en mars 2010.

1. Michel Ghetti, vous êtes le Président Directeur Général de France Industrie & Emploi, pouvez-vous nous décrire en quelques mots votre parcours et votre société ?
Mon parcours professionnel a été essentiellement orienté vers les métiers du marketing. Depuis vingt ans désormais je m’intéresse plus particulièrement au marketing des territoires.
L’histoire du marketing territorial en France est étroitement liée à celle de la décentralisation. Elle est née avec les lois de 1982-1983 et s’est installée très progressivement dans les pratiques des territoires. Elle a connu une évolution particulière en 2002 avec la loi de modernisation sociale du 17 janvier qui a créé une obligation à la charge des entreprises concernées par une fermeture partielle ou totale d'activités, de contribuer à l'effort de revitalisation des sites. Ceci a poussé les collectivités à mieux définir leurs stratégies de développement économique et de s’interroger sur leurs actions de marketing territorial.
Quand j’ai commencé à aborder cette problématique de marketing territorial je me suis progressivement intéressé à la relation entre des entreprises s’engageant dans des processus de revitalisation et les dynamiques économiques des territoires. Après plusieurs années passées dans différents cabinets de conseil, j’ai décidé de créer en 1996 la société France Industrialisation et Emploi (FIE) qui s’est intégrée par la suite dans une entreprise aux compétences plus étendues. En 2010, notre société a connu d’ailleurs une nouvelle évolution puisque la marque F/I/E s’applique désormais à nos quatre métiers : revitalisation, communication, stratégie sociale et gestion des risques.
Notre métier de « revitalisation » s’adresse à deux catégories de clientèles :
- Les entreprises. C’est l’essentiel de notre Chiffres d’Affaires. Nous leur apportons un appui pour la conception et la mise en œuvre de leurs opérations de revitalisation.
- Les territoires. Nous contribuons à leurs stratégies de développement économique et de marketing territorial.
2. Dans une tribune publiée dans le journal Les Echos fin 2009, vous avez indiqué que le « marketing territorial n’est pas assez professionnel » en France. Pouvez-vous nous détailler votre point de vue ?
Dès l’origine, l’une des questions clés du marketing territorial français a été celle de l’articulation de l’offre globale France avec celles des offres locales portées par les collectivités territoriales. Or, malgré les initiatives déjà menées, l’offre globale proposée par l’Etat, qui me parait performante, me semble encore incorrectement déclinée au niveau des collectivités territoriales. Il reste encore des efforts pour parvenir à l’exigence de cohérence et, éviter les redondances ainsi que les contre-messages.
En matière de revitalisation, je constate également que peu de place est accordée à l’initiative des entreprises engagées dans des processus de restructuration.
Si on leur rappelle justement leurs obligations, en revanche rarement l’occasion est saisie de les associer aux stratégies de développement économique et de marketing territorial engagées par le pouvoir institutionnel. C’est dommage car l’on se prive localement de l’appui non négligeable de sociétés souvent internationales et pouvant jouer un rôle citoyen bien plus important.
Enfin, il est vrai que le marketing territorial a parfois été desservi par des actions menées sans préparation et qui ont laissé des traces dans les mémoires.
3. Ce manque de professionnalisme tient-il aussi pour partie à un manque d’enseignement de cette matière dans l’enseignement supérieur français ?
Tout à fait, même s’il ne faut pas surestimer ce facteur. Le marketing territorial mobilise de nombreuses compétences qui sont enseignées. En revanche, je partage votre avis sur le faible nombre de formations supérieures en France dispensant un tel enseignement en tant que tel. C’est regrettable.
4. Selon vous, quelles sont les conséquences de ce manque de professionnalisme en marketing territorial ? Comment le mesurez-vous à l’échelle de votre société ?
Le manque de professionnalisme en matière de marketing territorial peut se traduire par une plus faible attractivité internationale de la France et de ses régions, nos atouts et nos potentialités pouvant se trouver insuffisamment valorisés au regard des offres alternatives proposées par les territoires concurrents.
Juste un exemple pour illustrer le manque de dimension du marketing territorial en France et ses conséquences : trop souvent, les fonds mobilisés par les pouvoirs publics, y compris du fait des contributions des entreprises, sont insuffisamment employés pour créer une offre en adéquation avec la demande potentielle ou pour mener des actions de prospection à l’extérieur du territoire. Par exemple, dans un département français, il a été décidé par l’administration de consacrer uniquement 100 000 euros pour des opérations de prospection exogène sur un budget global de 15 millions. C’est trop peu face aux moyens déployés par les offres concurrentes et cela montre surtout le scepticisme des administrations vis-à-vis du marketing territorial.
5. Quelles recommandations feriez-vous aux collectivités territoriales et agences de développement pour développer leurs pratiques de Marketing Territorial ?
La France ne manque pas d’atouts, bien au contraire. Nous n’avons donc pas le droit d’avoir une vision trop administrative, et cela me semble être un devoir d’intensifier les actions en faveur de l’attractivité internationale de notre pays.
Une clarification des compétences des collectivités territoriales est d’abord nécessaire. La constitution d’une offre territoriale doit ensuite être conçue et mise en œuvre avec plus de prospective et, en collaboration plus étroite avec les créateurs d’emplois que constituent les entreprises - y compris avec celles qui, à un moment de leur existence, procèdent à des restructurations. L’évolution, le changement, ne sont pas conjoncturels, ils sont structurels et font partie de la vie normale de tout organisme, donc de toute entreprise. Quand cette dernière réajuste ses effectifs, il est légitime de lui signifier ses obligations de revitalisation. Il serait plus judicieux et plus efficace de l’associer de manière permanente au marketing du territoire.
Cette offre territoriale doit aussi être hiérarchisée du point de vue des objectifs politiques. Par exemple, dans le Sud de la France, il est certain que l’accueil d’entreprises passe par la capacité d’offrir de nouveaux logements à leurs salariés, ce qui peut être contradictoire, du fait du manque de foncier, avec l’accueil de populations fortunées cherchant à construire des résidences de luxe.
Enfin, il faudra bien que les pouvoirs publics, qui ont finalement la maîtrise de toutes les actions déployées, comprennent que la prospection de nouveaux investisseurs n’est pas un chapitre de pure forme dans un plan de développement économique, mais bien un moyen réel – et sans doute le plus efficace – de créer des réseaux et de la richesse nouvelle pour un territoire.
Propos recueillis en décembre 2009
Avec cet article, je commence une série d'entretiens avec des experts du marketing territorial. Merci à Laurent Sansoucy qui a accepté de débuter ma rubrique "Paroles
d'experts".
1. Laurent Sansoucy, vous êtes directeur général de la filiale d'OCO Global à Paris. Pouvez-vous nous présenter votre société et surtout son évolution récente?
OCO Global est une société de conseil spécialisée dans les domaines de l’attractivité et de la compétitivité des territoires.
C’est une société encore jeune, créée en 2001 – d’un spin-off de Pricewaterhouse Coopers UK - et très internationale – avec aujourd’hui plus de 35 consultants de 9 nationalités et pouvant travailler en 6 langues, des bureaux en Europe et Amérique du Nord, et des interventions réalisées sur les 5 Continents.
Notre clientèle est majoritairement publique – incluant des Gouvernements, des Agences de développement économique et des Agences d’attraction d’investissements…
Notre clientèle privée est elle composée de sociétés de conseil généralistes ou d’immobilier recherchant une expertise qu’ils n’ont pas en interne, ainsi que de grands groupes souhaitant avoir un appui dans leur processus de sélection de localisations pour de nouveaux investissements.
2. Quelles prestations de services offrez-vous à vos clients en matière de marketing territorial ?
Nos clients étant majoritairement des Agences de développement économique et d’attraction d’investissements, je présenterai les services qui s’y rattachent.
Notre positionnement est original par rapport à la plupart des autres acteurs intervenant auprès de ces Agences, en ce sens que nous couvrons la totalité des besoins des agences, de la définition de leur stratégie à son implémentation dans les organisations et son développement ultime dans l’identification d’investisseurs et la prospection.
Nos prestations vont jusqu’à un « outsourcing » global de l’approche de la demande – de la définition du ciblage des investisseurs, du développement des argumentaires, jusqu’à la mise en place de l’organisation adaptée et à la prospection directe d’investissements.
L’agence peut ainsi se concentrer sur sa compétence distinctive, la connaissance de l’offre, de son territoire, et l’accompagnement dans l’implantation du projet détecté.
3. Quelles ont été vos plus belles missions ?
Toutes ont été belles ! Nous avons eu le grand privilège d’avoir pu travailler avec des territoires très différents les uns des autres, par leur statut, leur taille, leur situation économique, leur localisation… pour des missions portant sur des problématiques elles-mêmes très diversifiées.
Pour donner quelques exemples que j’ai pu suivre directement : une mission de conseil (une de mes premières longues missions, en 2006/07) pour l’agence gouvernementale britannique UKTI sur la question -selon moi cruciale- de l’attraction de projets internationaux de recherche et développement ; une mission de conseil pour la Ville de San José, Californie, sur le (re)positionnement de la Capitale de la Silicon Valley sur les « clean technologies » ; l’aide à la définition d’une stratégie d’attraction d’investissements internationaux d’une Région espagnole qui avait abandonnée cette politique pendant près de 10 ans, la Navarre ; enfin, très subjectif, le positionnement international de la Bretagne, ma région d’origine…
4. D'après-vous, quelles sont les tendances montantes en matière de nouvelles pratiques de marketing territorial ? Pouvez-vous nous décrire 3 bonnes pratiques ?
Dans un contexte difficile, avec des investisseurs toujours plus exigeants, le niveau de professionnalisme des agences devra être toujours plus élevé. 2009 - surtout le volume d’activité se maintient à un niveau moins élevé - est une année où la formation des équipes devrait être une priorité pour les directions d’agences.
En termes de bonnes pratiques, j’en vois trois qui sont assez générales :
5. Quelles sont les villes ou régions mondiales qui montent en matière de marketing territorial ?
L’attractivité ne peut (plus) être appréciée à un niveau global, mais par segment. L’important pour les territoires – quelle que soit leur dimension – est donc de trouver les segments sur lesquels concentrer leurs efforts, au lieu de poursuivre la quête, vaine, impossible, d’une couverture totale du marché de l’investissement.
Grâce à cette stratégie, appuyée sur des organisations, des services et des outils adéquats, des territoires qui n’étaient pas des destinations a priori « évidentes » sont apparus sur la carte, mais dans des domaines précis : en Europe de l’Ouest, on peut citer l’Irlande du Nord dans le développement logiciel, la République d’Irlande dans la R&D en bio/pharmaceutique et électronique, les Asturies dans les shared services centres/BPO…
6. Merci pour le temps consacré à "marketing-territorial.org". Pour celles et ceux qui souhaiteraient vous contacter, comment faire ?
Au delà de notre site web (www.ocoglobal.com), je conseillerais un contact direct (laurent.sansoucy(at)ocoglobal.com).
Merci à vous pour cet entretien.
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