Où en sont l'attractivité française et européenne ? La World Investment Conference de la Baule a traité ce sujet la semaine dernière.
Quels constats ?
Le jeu économique mondial est en train de changer et l’Europe doit s’adapter. Comme le synthétise Euronews : "Dans la redistribution des cartes opérée par la crise, les grandes économies émergentes ont été bien servies et misent de plus en plus gros en Europe. Les investissements directs chinois ont ainsi augmenté de 30% en 2009, au point de devenir la troisième source la plus importante de créations d’emplois. Ces entrepreneurs de ces nouveaux pays, de ces nouvelles économies, viennent chercher en Europe de la technologie, une certaine sophistication pour leurs produits, peut-être acquérir des marques, de nouvelles compétences qu’ils n’avaient pas sur leurs bases historiques, explique Marc Lhermitte, auteur du rapport sur l’attractivité de l’Europe. (...) A la Baule, les Européens espèrent ainsi qu’un euro moins fort permettra d’enraciner la croissance, paramètre indispensable à l’investissement."
Selon le baromètre européen d'Ernst and Young
: les grandes économies européennes ont relativement bien maintenu leur capacité à attirer les investissements en 2009 : le nombre de projets recensés au Royaume-Uni n’a diminué que de
1 % alors qu’il a augmenté en France, en Italie et en Allemagne de respectivement 1 %, 4 % et 7 %.
Parmi les autres gagnants, figurent aussi la Russie, l’Ukraine et la Turquie, qui - à rebours des tendances observées chez leurs voisins d’Europe de l’Est - ont tous enregistré une augmentation
du nombre de projets d’investissements recensés en 2009. A l'avenir, les décideurs internationaux perçoivent encore l’Europe occidentale comme une région attractive (38 %) pour s’y implanter
et investir - ils la classent en deuxième position derrière la Chine (39%) - ils sont plus sceptiques quant à l’attractivité de l’Europe centrale et de l’Est – une région qui arrivait pourtant au
second rang mondial en 2009. Cette année, son taux d’attractivité a chuté de 42 % à 24 %.
Concernant l'attractivité française, avec 529 projets accueillis en 2009, la France reste sur la 2ème marche du podium européen, derrière le leader incontesté, le Royaume-Uni mais devant
l’Allemagne qui se rapproche. « Valeur refuge » pour les investisseurs, la France a pu stabiliser le nombre de ses nouvelles implantations (+1%) au sein d’une Europe occidentale moins
solide (-7%). Elle sauve même la mise en termes de nouveaux emplois (+2%) dans un contexte de morosité. Toujours selon Ernst & Young, les investisseurs internationaux transmettent l’image
d’une France plus influente dans son enceinte économique historique — l’Europe — que sur le champ mondial de l’attractivité. Ainsi, interrogés sur le principal concurrent de l’Hexagone, 39% des
208 investisseurs de l’échantillon citent l’Allemagne, suivie par le Royaume-Uni.
Or, à la même question concernant l’Allemagne, les investisseurs désignent des puissances mondiales : les États-Unis (29%) en tête, puis le Royaume-Uni (13%) et la Chine (10%). De même, au
sujet du Royaume-Uni, ils placent la France loin derrière les deux leaders mondiaux :les États-Unis (39%) et l’Allemagne (20%).
A l'échelle des grandes régions européennes, le classement des implantations recensées par Ernst and Young est le suivant :
Cliquer ici pour télécharger le baromètre de l'attractivité française.
Cliquer ici pour télécharger le Communiqué de Presse d'Only Lyon commentant les résultats de la Capitale des Gaules dans le classement précédent.
Pour mieux connaître la WIC, l'interview de Jean-Bernard Guerrée, son CEO (mai 2010) :

Franck CONFINO, Directeur d'Adverbia, vient de publier aux
éditions Territorial (comme l'ouvrage sur le marketing
territorial) sa seconde édition de son livre sur "Blogs territoriaux, réseaux sociaux et nouveaux enjeux du web 2.0 pour les collectivités".
L'ambition de cet ouvrage est affirmée dès l'introduction : "Cet ouvrage, refonte complète de la première édition (...) est né d'un pari ambitieux : coller à l'esprit -web 2.0- et à la dimension
collaborative qui caractérisent le support, en faisant participer les internautes à la mise à jour du livre". Pari réussi ! Je recommande chaudement sa lecture pour celles et ceux qui
souhaitent créer ou développer un blog territorial.
Voici, pour le développeur économique motivé par la création d'un blog territorial, quelques bonnes idées tirées de cet ouvrage.
Tout d'abord, on peut considérer que le blog territorial s'apparente à la catégorie de ceux créés par les professionnels. Dans ce cas, selon Karine Toussaint, qui dirige la société Dix-Katre, ces
blogs peuvent répondre à "des stratégies extrêmement différentes :
- se faire connaître de nouveaux prospects (...) ;
- fidéliser leurs clients (...) ;
- anticiper les attentes du consommateur et détecter les évolutions du marché (...) ;
- innover par des échanges accrus d'informations ;
- s'adapter aux usages de jeunes collaborateurs et clients ;
- émettre des messages et faire entendre leur voix au-delà de leur strict coeur de métier ;
- mieux maîtriser leur réputation sur le web".
Cet ouvrage comprend une importante partie consacrée à la méthodologie du blog territorial qui comprend 3 sous parties :
- les réflexions préalables à la création d'un blog. Plusieurs conseils pouvant s'appliquer à la création d'un blog de marketing territorial sont détaillés ;
- les éléments indispensables à la réussite de son blog territorial : visibilité et référencement, faire vivre son blog et les 10 conseils essentiels du succès (débattre, mettre à jour, utiliser
la newsletter, créer du lien, interagir, animer, analyser les stats, passer de la veille à l'intelligence territoriale, être à la page ou créer du buzz) ;
- les principales règles juridiques.
Un ouvrage à lire au plus vite !
Plus :
- Portail de l'auteur sur les blogs territoriaux
- un exemple de blog consacré au marketing des territoires d'Ile-de-France : le blog econovista
Clarisse Allain, étudiante de l'école de la communication et des médias Sciencescom, vient de publier sa
monographie écrite dans le cadre de son cursus d'études. Le sujet est d'intérêt car il s'agit de traiter du rôle du marketing territorial face au défi des crises. Vous trouverez ci-après son
résumé, l'études complète pouvant être téléchargée en cliquant sur le lien en fin d'article.
"Sans entrer dans les grandes théories sur la définition du territoire et de ses composantes, rappelons que le territoire est un espace de représentations. Composé de son identité, sa nature
profonde, et de son image, la perception de ce qu’il est par autrui, il est dynamique, se transforme, se recompose au gré des actions de la collectivité qui le gère. Du fait de ce mouvement
perpétuel, il doit faire face à des crises de plus ou moins grandes ampleurs. Celles-ci peuvent avoir de graves répercussions sur l’identité et entraîner un déficit d’image. La question qui se
pose alors, est de savoir si le marketing territorial peut relancer un territoire en crise ?
Sans conteste, le rôle des politiques publiques dans la décision d’investir pour relancer la dynamique territoriale est fondamental. Elles sont en mesure de redonner au territoire un nouvel élan grâce notamment, à sa fonction urbanistique et sa politique d’animation. Il reste néanmoins stratégique de construire un projet global de développement, à l’image de Saint Etienne qui a entrepris de transformer son territoire en un haut lieu du design français. Pourtant, ces initiatives ne suffisent pas à palier leurs difficultés à anticiper les évolutions conjoncturelles telles que celle que nous traversons actuellement.
Le marketing territorial représente donc une nouvelle solution. Il constitue effectivement, un outil de prospective et de communication intéressant à travers son rôle d’accompagnement des politiques publiques dans leur stratégie de développement local et surtout, sa fonction d’améliorateur de l’attractivité du territoire. Ces trois métiers : la réalisation d’études (véritable états des lieux des atouts du territoire et des opportunités de marchés à saisir), le développement d’une stratégie en réponse aux problématiques soulevées par les études, et sa mise en œuvre par la prospection et la communication, explique ce rôle. On le comprend, le marketing territorial doit avant tout être considéré comme un outil d’anticipation de la crise et de maintien d’une croissance positive de l’économie".
La société OCO, spécialisée sur le marché de l'investissement international, vient de publier le dernier numéro de sa
revue "OCO Insight". Ce document intitulé "A New Investment Paradigm", disponible uniquement en anglais, propose un panorama complet du marché mondial de l'investissement
international.
Parmi les éléments intéressants, on y trouve le top 10 des villes mondiales qui accueillent le plus d'investissements étrangers. Ce sont :
1. Dubaï, 286 projets recensés,
2. Shanghai, 248 projets,
3. Londres, 219 projets,
4. Pékin, 177 projets,
5. Paris Ile-de-France, 151 projets,
6. Singapour, 122 projets
7. Moscou, 106 projets,
8. Bangalore, 104 projets,
9. Bucarest, 87 projets
10. Chennai (Madras), 86 projets.
Outre l'équipe d'OCO dirigée par Mark O'Connell, cette publication a bénéficié des contributions de 9 experts. J'ai écrit un article sur le marketing des villes globales dont voici la version
française :
Après plusieurs alertes, l’économie mondiale est entrée profondément en dépression en septembre 2008, tous les pays étant affectés par cette situation économique exceptionnelle. Après les activités financières, ce sont tous les secteurs d’activités concurrentielles ont été touchés progressivement par effet de contagion.
Centres névralgiques de l’économie mondiale, les régions urbaines globales ont également été affectées par cette dégradation économique et plus particulièrement celles, comme New-York, Dubaï et Londres, dont la place financière tient une place prépondérante dans leurs économies. Selon Saskia Sassen, le Produit Municipal Brut de la ville de New-York a diminué de 10 milliards de dollars en 2008. Les régions urbaines aux systèmes productifs plus diversifiés, telles que l’Ile-de-France, Tokyo ou Washington DC résistent relativement mieux à la crise. Le très fort fléchissement de la demande mondiale affecte également les grandes régions chinoises mais, du fait de la dynamique de leur marché intérieur, le taux de croissance reste à un niveau enviable.
Dans ce contexte très dégradé, les échanges internationaux se contractent et le marché mondial de l’investissement direct étranger va fortement baisser en 2009 selon les experts internationaux[1]. Les lecteurs de la revue d’Oco Insight le savent bien, cette contraction du marché mondial de l’investissement ne concernera pas tous les secteurs et pays. Des pays émergents comme la Chine ou l’Inde vont poursuivre l’internationalisation de leurs entreprises, de même que certains secteurs comme les énergies renouvelables, la santé ou les transports vont rester actifs.
Les tendances précédentes vont pousser les agences de développement à intensifier leurs efforts marketing pour proposer des offres plus segmentées et compétitives afin d’offrir aux prospects ciblés des promesses uniques qui soient réellement différenciées et attractives.
Les grandes régions urbaines mondiales se sont d’ores et déjà engagées dans de telles stratégies. Prenons deux exemples particulièrement illustratifs : Paris Region et Londres c'est-à-dire les deux principales régions urbaines d’Europe.
Londres a développé depuis plusieurs années une stratégie de positionnement fondée sur son caractère extrêmement international et cosmopolite. Le slogan mis souvent en avant est particulièrement illustratif : « London : the World in one City ». De nombreux argumentaires, cartes et données ont été mises à disposition de tous afin d’offrir les preuves de cette diversité culturelle. Afin d’intensifier ses efforts dans cette direction, l’agence de promotion internationale de Londres, Think London, propose désormais des offres de services adaptées aux besoins d’investisseurs étrangers originaires de Chine, Inde, Brésil ou Mexique. Les attentions portées par Think London aux investisseurs de ces pays n’en restent pas là. Ils ont organisé, en mars 2009, pour 38 représentants d’entreprises chinoises un programme exclusif et VIP destiné à promouvoir les opportunités d’affaires à Londres. Parmi les éléments clés de cette offre se trouvent un déjeuner avec le Maire de Londres, Boris Johnson, une réunion d’échanges avec le London Stock Exchange, des occasions de networking ou encore une présentation des opportunités liés aux Jeux Olympiques de 2012.
La région économique de Paris, l’Ile-de-France, a engagé de nombreux efforts depuis plusieurs années afin d’améliorer son attractivité internationale : création en 2001 d’une agence
régionale de développement (ARD), intensification des moyens accordés au développement économique, développement de
fonds locaux d’investissement, lancement des pôles de compétitivité, etc. L’idée générale est simple, "Paris Region" est la ville lumière, la ville romantique mais aussi lieu exceptionnel de
créativité et de business qu’il s’agit de renforcer et marketer à l’international. Ces efforts ont payé puis que la région a progressé régulièrement dans les classements internationaux. Première
région touristique mondiale, l'Ile-de-France joue désormais au coude à coude avec Londres pour l’accueil de nouvelles entreprises internationales. Cushman & Wakefield indique même dans son
bilan annuel que la région capitale française devrait dépasser Londres dans quelques années (European Cities Monitor). L’attractivité est une course permanente et les acteurs franciliens ne souhaitent pas s’endormir sur leurs premières réussites. En 2008, à
l’initiative de l’ARD Paris Ile-de-France, un plan d’actions en faveur de l’attractivité régionale (P2A) a été élaboré
avec la participation de 250 acteurs économiques. L’idée est assez simple : il s’agit désormais d’agir plus efficacement par le renforcement d’actions associant les acteurs économiques
d’Ile-de-France. 34 actions concrètes ont été retenues dans 6 axes stratégiques. Les premières actions ont été engagées depuis le début de l’année, les autres devant progressivement être lancées.
Ces actions ont été positionnées à différents niveaux de la chaîne de valeur. De l’amont, pour affiner les ciblages en matière de prospection, jusqu’à l’aval par des actions commerciales ou de
communication plus fortes et ciblées. Parmi les premières actions lancées, on trouve l’intensification du programme Paris Region Trade Shows destiné à promouvoir les salons internationaux se tenant
dans la région, l’élaboration d’une brochure collective sur le marché de l’investissement immobilier en Ile-de-France ou encore la remise à plat de l’argumentation marketing sur les atouts
régionaux.
Conclusion, 2009 sera une année économique très complexe et perturbée mais aussi une période d’intense créativité en matière de marketing territorial afin de repositionner les offres. L’adage asiatique est donc particulièrement vrai : les crises sont vraiment des périodes opportunités, mais pour les territoires qui sauront les saisir !
[1] Selon FDI Intelligence (groupe FT), le nombre de
projets greenfield devrait diminuer de 13 % à l’échelle mondiale en 2009.
Pour télécharger l'étude complète d'OCO : cliquer ICI.
| Juillet 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||||||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | ||||
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | ||||
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | ||||
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |||||
|
||||||||||