Lorsque les citoyens prennent en charge le marketing territorial. Quelques initiatives remarquables

Publié le par Vincent Gollain

Source de l'illustration : https://www.pinterest.co.uk/wallpapers4me/abstract/

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Sur le web, le marketing territorial est pris en charge par les multiples organismes mis en place par les communes, les communautés de communes, les villes, les départements, les régions. Il s’agit aussi de la première fonction des Offices du Tourisme.

Mais, depuis plusieurs années grâce au web 2.0 des citoyens se sont aussi lancés bénévolement dans cette mission et affichent avec constance et efficacité des informations concernant leur environnement, en utilisant différents outils du web et des réseaux sociaux. Ils construisent ainsi une image de la vie de leur commune, de leur vallée, de leur ville et participent activement à leur «e-reputation »

Cet article met en valeur quatre exemples de territoires qui depuis plusieurs années bénéficient de cette activité citoyenne, quasi principale de leurs auteurs, ou activité secondaire d‘une activité de principale de veille centrée sur d’autres intérêts.

Le Canton des Vans en Sud-Ardèche, rassemblant 35 communes depuis 2015 est couvert par un Wiki créé dès 2000  qui comporte près de 12000 pages (plus de 1 800 articles et 9000 images), un blog (La Lettre des Beauzons), 3 pages Facebook entretenus par Raymond SENEQUE. Les informations sont également diffusées quasi quotidiennement via une mailing list avec 1300 inscrits.

Les vallées d’Aure et du Louron dans les Hautes Pyrénées (nouvelle intercommunalité depuis la loi NOTRe) sont couvertes par Philippe VILLETTE dans le cadre principalement d’un sujet Scoop.it, en sus d’un compte twitter et d’une page Facebook, créé en 2011, « avec la volonté de relater ce qui se passe sur ce territoire, tous domaines confondus, l'idée étant de créer des passerelles entre les sujets traités ». En août dernier sur Scoop.it : 1,5 million de pages vues (en moyenne, 1 000 pages vues par jour), près de 360 000 visiteurs, près de 9 000 scoops publiés (soit en moyenne, 4 par jour).

La vie de ces territoires (actualités, fêtes, expositions…) est suivie de façon hyper détaillée, quasi exhaustive au quotidien, et leur audience est impressionnante !

D’autres veilleurs entretiennent régulièrement des pages loco-régionales en parallèle de centres d’intérêt personnels, par exemple :

En Alsace et à Strasbourg, Hubert MESSMER qui gère principalement des pages liées à l’environnement, énergies renouvelables, planète durable…  couvre aussi depuis 2011 l’actualité alsacienne, ainsi qu’une sélection d’informations de l’Eurométropole de Strasbourg, (45000 scoops vus plus de 200 000 fois)

Au Luxembourg,  Gust MEES  gère principalement des sujets centrés sur l’éducation au XXIième siècle (en particulier un blog sur l'éducation rassemblant des interviews avec différents acteurs de l'Éducation nationale du Luxembourg avec une audience de 153.000 visites (au 02/10/2017) et la sécurité informatique. Il a aussi ouvert un sujet illustrant l’information sur la ville et l’état luxembourgeois avec près de 20000 vues de 2200  (au 2/10/2017) scoops sélectionnés.

 

Les outils web 2.0 utilisés sont variés blogs, réseaux sociaux, outils de curation en particulier Scoop.it.  Ainsi d’autres villes françaises Marseille, Toulouse bénéficient aussi d’approches de veille de type revues de presse dans Scoop.it.  D’autres outils centrés sur l’expérience visuelle tels Instagram à Lyon, Toulouse, Marseille.., YouTube ou Pinterest ont aussi séduit depuis quelques années les organismes officiels.

Ces activités de marketing territorial reposent sur des individus souvent retraités et sur la bonne volonté de ces citoyens, ce qui entraîne des limites sur leur pérennité mais l’expérience montre que les organismes officiels  des territoires changent aussi souvent de politique au gré des élections et des mutations. Les avantages de ces approches sont nombreux :  action « bottom-up » rassemblant des initiatives diverses et des informations de toutes origines, journaux classiques,  loco-régionaux, nationaux, internationaux, blogs, réseaux sociaux …, diversité de visions des territoires plus géographiques qu’administratifs, construction d’une image et d’archives électroniques qui espérons resteront sur internet grâce au cloud.

Ces citoyens, acteurs bénévoles sont peut-être les meilleurs ambassadeurs des territoires, qui ne bénéficient pas toujours de structures organisées ou au contraire ont de multiples affichages non coordonnés. Il faudrait sans doute un peu plus les soutenir et les articuler aux actions officielles des professionnels du tourisme et des élus car ils créent une image réelle des territoires.

Ce point de vue sur le marketing territorial est évidemment partial, et n’est pas du tout complet.  Une analyse plus exhaustive avec analyse des contenus, de l’audience et durée de vie des ressources proposées sur le web avec les différents outils du web, supervisée par des spécialistes de l’information mériterait certainement d’être lancée.

Auteur de l'article :

GC FAURE, Professeur d’Université

CREM (Centre de Recherches sur les Médiations) Université Lorraine

Curateur du topic Nancy-Lorraine

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