Paris, nous t'aimons aussi !

Publié le par Vincent Gollain

Paris, nous t'aimons aussi !

Il y a deux semaines, la Mairie de Paris lançait sa vidéo intitulée “Paris je t’aime” afin d’agir sur la très forte baisse touristique enregistrée ces derniers mois (voir article précédent). Cette vidéo a déjà été vue 143000 fois sur YouTube.

Ce film suscite le débat sur les réseaux sociaux, des habitants indiquant que le positionnement retenu pour ce film s’appuie exclusivement sur ses monuments les plus iconiques (la tour Eiffel, citée notamment dans 17 plans selon ce que j’ai lu) et ses quartiers les plus pittoresques. De même, ils indiquent que le côté vivant de la ville-lumière est insuffisamment mis en avant, plusieurs plans montrant des espaces plutôt vides.

Pour sortir d’une logique « Y’a Ka, Faut qu’on », un duo de réalisateurs, Maxime Baudin et Léo Bigiaoui, a pris le mors aux dents et décidé de réaliser et mettre en ligne une vision très différente de la ville, basée sur des portraits humains et des moments de vie dans les quartiers de la capitale. Le fond sonore de cette nouvelle vidéo est un morceau composé spécialement par Ena-N. Ils expliquent leur démarche dans une lettre (voir ici).

Le clip s’intitule “Paris, on t’aime aussi”. Vous pouvez le découvrir ci-après :

Ce débat révèle 4 tendances clés observées récemment en matière de marketing territorial et que nous développerons avec Les Echos :

  • Il est de plus en plus difficile de marketer son territoire, notamment sur des marchés grand public, sans information préalable, voire des moments de débat avec les acteurs économiques locaux, y compris les habitants. Ce devoir d’explicitation est essentiel pour faire comprendre les choix qui ont été faits mais aussi pour s’enrichir des échanges ;
  • Les habitants, comme les entreprises, sont de plus en plus demandeurs de s’impliquer directement dans le marketing des territoires. D’ailleurs, avec le développement de l’économie collaborative (plateformes, greeters, nouvelles valeurs sociétales, etc.), ils font de plus en plus partie de la « chaîne de valeur » de l’attractivité territoriale;
  • La fragmentation de la demande augmente tous les jours un peu plus. Il faut vendre sa destination mais surtout définir des "unique selling propositions" à des groupes de clientèles de plus en plus nombreux et divers. Un message unique ne suffit plus. Il faut, dans un cadre cohérent, fragmenter ses offres et donc impliquer les forces vives du territoire pour démultiplier ses capacités de promotion;
  • La place de « l’humain » dans les films de promotion territoriale est de plus en plus prégnante doublée d’une approche expérientielle que je résumerai ainsi : voir des « vrais gens » et non pas des acteurs. L’idée derrière cette approche est assez simple : se présenter de manière plus humaine et gagner en authenticité dans son approche des marchés ciblés, et notamment en matière touristique. Les deux films donnent une place importante à la présence de personnes dans le film mais avec une approche très différente.

En fait, lorsqu'on les regarde bien, ces deux films apparaissent plus complémentaires que "concurrents". Ils livrent deux facettes d'une ville qui en comporte de nombreuses. Le premier film, de la Mairie de Paris, répond à un besoin de rassurer sur Paris et donner envie à des publics, notamment des pays émergés / émergents, de venir d'où l'importance des clichés sur les lieux emblématiques.Le second film s'inscrit complètement dans les tendances du tourisme collaboratif par exemple. Il livre une seconde facette de Paris, celle de la rencontre, de la vie urbaine (réelle), de l'expérience. 

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